Jocelyn Mienniel & les instruments migrateurs
François Saddi
Ce sixième album du flûtiste et compositeur nous emmène sur des routes plurielles, conjuguant improvisations jazzistiques et mélodies traditionnelles d’ici et là.
Enregistré en public au long des années 2023 à 2025, ce disque réunit, sur des formules allant du duo au quartet une belle brochette de musiciens, pour partie traditionnels, sur 13 titres avec pour fil conducteur la flûte et le propos suivant : “ Parce que les cultures musicales des cinq continents sont des oiseaux migrateurs qui racontent l’histoire de l’humanité passée, présente et future. Parce que l’Art de la flûte comme la voix chantée, est un témoignage vibrant et permanent du multiculturalisme qui nous entoure.”
Chaque titre constitue un petit opus spécifique réunissant Jocelyn Mienniel et 2 ou 3 musiciens autour d’un thème mélodique qui sera décliné de diverses façons, source de variations et improvisations. Les artistes ayant participé à cette aventure sont, outre J. Mienniel (flûtes, ney, flûte peul, hulusi, guimbardes et kalimba) : le sénégalais S. Camara (chant, kora), les japonais M. Miyasaki (koto) et K. Saito (rubab), l’indien A. Hussain (tablas), les iraniens A. Nosrat (chant), S. Mirzaei (târ), les égyptiens A. Abozekry (saz) et M. Abozekri (oud), le malgache L. Andriamboavonjy (harpe), les syriens M. Nasser (oud) et I. Haïmour (qanoun), les taiwanais Y. Wang (yangqin) et S.H. Hung (sheng), le burkinabé D. D. Aka Popimane (flûte peul), les turcs G. H. Toruk (chant, bendir) et C. Domurcakli (chant et saz), la brésilienne F. Primo (guitare), les maliens A. Daou (calebasse) et D. Sackone (n’goni), la palestinienne K. Jubran (oud) et le chinois G. Gan (erhu). Ainsi que les français C. Petit (violoncelle), E. Billy (nickelharpa), I. Amar (vibraphone), K. Gonzalez (danse flamenco), A. Gatta (percussions), M. Le Cuff (chent et harpe), S. Morfin (alto) et D. Colin (clarinette basse).
Cet album kaléidoscopique témoigne de la capacité du flûtiste à s’insérer, interagir et improviser au sein de différents univers musicaux, des pays du nord avec le nickelharpa d’Eléanore Billy et le oud de Mohannad Nasser dans "Höjdaren", composition d’Anders Norudde, au Proche Orient avec le oud de Kamilia Jubran et le qanoun d’Iyad Haîmour dans "Melisdjane", titre signé de ce dernier, ou encore sur le traditionnel "Dere geliyor dere" avec Canan Domurcakli au chant et saz et Morgane Le Cuff au chant et harpe.
Je ne résiste pas à citer enfin "Musique au comptoir", magnifique moment signé Séverine Morfin réunissant, outre elle-même et Jocelyn Mienniel, Daouda Sackone au n’goni et Denis Colin à la clarinette basse. Un très bel album à déguster petit à petit afin d’en apprécier toutes les richesses !
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