EOIN DILLON
Pondelorum
Philippe Cousin
L’on ne présente plus Kila, l’un des groupes les plus déjantés et novateurs de la scène irlandaise depuis le début des années 90. En revanche on connaît moins celui qui en fut l’un des membres fondateurs avant de les quitter en 2015. Eoin Dillon est un piper avant-gardiste et il a composé de nombreux morceaux sur les onze albums du groupe.
En marge de Kila il a déjà à son actif deux albums solos (en 2005 et 2010) et Pandelorum est son troisième, un opus qui lui correspond parfaitement et qui marque un tournant dans la carrière du musicien.
Sur celui-ci Eoin se livre davantage et comme avec Kila, il laisse libre cours à son inspiration débridée sur les dix titres qu’il signe tous de sa main. Il met en scène de petites histoires, fables ou paraboles, délicates rêveries ou ballades joyeuses et burlesques, c’est selon.
L’album s’ouvre sur un duo guitare et harpe qui introduit le uilleann pipes inventif d’Eoin. Ce premier titre est lui-même suivi de Marina’s Kitchen avec le maître Mícheál Ó Súilleabháin au clavecin, un air frais et coloré. Il se poursuit avec Pandelorum, un mot un peu fou, inventé par Eoin pour évoquer son territoire poétique. On poursuit en roue libre avec Cock of the walk puis plus énergiquement sur le Reel Hugo Chavez tandis que le dernier titre Swan Song résonne d’une couleur jazzy.
L’ami de Kila, Rónán Ó Snodaigh est venu prêter la main et apporter sa touche rythmique sur plusieurs morceaux.
Une pochette sobre et dépouillée et un livret aux titres décalés en phase avec l’imaginaire irlandais. Seul bémol à ce magnifique opus, sa brièveté.
Autoproduit EDCD 001 – eoinpiperdillon@gmail.com – Distribution Buda Musique



