DERMOT BYRNE, ÉAMONN COYNE, JOHN DOYLE
Liag
Philippe Cousin
Depuis qu’il a quitté Altan, l’accordéoniste Dermot Byrne n’est pas resté inactif. Témoin l’excellent album qu’il avait commis avec la harpiste Florian Blancke en 2012.
Depuis il joue en duo avec Yvonne Casey et au sein du trio KGB, alias Paddy Keenan, Frankie Gavin et Dermot Byrne. C’est encore l’album d’un trio cette fois, mais Dermot s’est acoquiné avec le banjoïste Éamonn Coyne et le guitariste et chanteur John Doyle. Résultat de cette heureuse rencontre, le fort bel album Liag essentiellement basé sur la musique du sud-ouest du Donegal, berceau familial de Dermot. Et du nom des superbes falaises de Slieve Liag tout près de Teelin.
Ces trois talentueux musiciens se connaissent depuis le début des années 80 lorsqu’ils écumaient les festivals du sud Donegal, Carrick, Kilcar ou Glencolmcille. Ils se retrouvent aujourd’hui, poursuivant trente ans plus tard, une association des plus fructueuses. En treize titres on revisite le répertoire de cette région magnifique. C’est tout d’abord une suite de jigs Washerwoman. Suivent trois reels de la meilleure veine, Dearg’s Reels, sur lesquels ils sont rejoint par la violoniste du Donegal elle aussi, Bríd Harper. S’enchaînent highlands, mazurkas, barndances et deux superbes chansons sur lesquelles John Doyle donne à entendre sa voix chaude et suave : St Helena et Duffy’s Cut : Mile 59, qu’il a écrite sur les émigrants qui partaient du Donegal vers la Pennsylvanie pour y trouver des conditions de travail véritablement éprouvantes. A signaler Nia’s Barndance que Dermot a composé pour sa propre fille. De loin en loin on reconnaît quelques morceaux empruntés au répertoire d’Altan. Tout a long de l’album, l’association accordéon-banjo fonctionne avec brio, soutenue par la guitare et son rythme subtil. Sûrement l’un des meilleurs albums de l’année 2019.
Autoproduit ATCOF1902CD - www.eamonncoyne.com/liag



