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Des mondes de musiques

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Ballaké Sissoko & Baba Sissoko

Sissoko & Sissoko

Etienne Bours

Sissoko au carré !

Deux fois Sissoko ? Pas la peine d’essayer l’arithmétique, le calcul mental, l’addition ou la multiplication : les Sissoko forment un tout, un ensemble, une somme de savoir, de pratique, de tradition, d’innovation, de créativité enracinée dans un héritage dynastique.

 

C’est une lignée de griots du Mali qui a présidé à la formation de ces deux cousins. Cousins en famille, cousins en musique, cousins en envie de promener leurs instruments aux confins des rencontres musicales. Rencontres qui furent nombreuses tant pour l’un que pour l’autre jusqu’à ce jour où l’idée de se retrouver face à face l’emporta enfin sur les multiples autres projets. Reprendre les instruments et les dialogues comme dans leur jeunesse, cette époque du début des années 80 où ils étaient membres de l’Ensemble Instrumental National du Mali, chacun y ayant repris la place de son propre père. Rejouer à deux, de la manière la plus naturelle qui soit, en échange complice, au profit d’une musique de paix qui laisse souffler les vents chauds d’Afrique Occidentale sur le reste du monde.

Ballaké et sa kora ; Baba, ses percussions, son ngoni et sa voix ont chacun parcouru la planète avec une multitude d’autres musiciens. Etablir la liste équivaudrait à dresser l’alphabet du gotha des musiques dites du monde et d’un certain jazz évoluant en parallèle. Et si on abandonnait cette fâcheuse habitude du name dropping pour en revenir à l’essentiel ? A l’essence même de cette musique venue du fond des âges jusqu’à nos jours sur le principe de l’écoute, de l’échange, du dialogue. Sans artifices, sans idée de mode, sans jargon obligé, sans arrière-pensée. Mais avec la juste simplicité de cordes, de peaux et de voix qui sonnent pour dire ce que seule peut dire la musique des hommes dont la condition, bien plus que le métier, est d’exprimer musicalement les vibrations de notre monde. Et le voilà qui résonne, qui s’illumine, ce monde dans lequel cette musique nous aide incontestablement à vivre. De pétillances en pulsations, de battements en murmures, d’élans en retenues, de respirations mélodiques en halètements rythmiques, de suggestions délicates en propositions affirmées, Baba et Ballaké nous prennent par l’oreille comme on prend par la main. On les suit à pas feutrés tant la piste est fine, tant la trace est belle. On avance en silence dans le sillage des deux Sissoko, on visite les lieux de leurs mémoires, on s’incline sur le passé si subtilement présent en cette musique pleine d’avenir. On s’achemine entre les cordes cristallines et le discours du tamani, entre les envolées lyriques du chant et les vertus apaisantes de la kora. On rencontre, au passage, deux comparses discrets, venus apporter un soutien respectueux. On ne quitte à aucun moment la sente qui serpente et qui susurre, fredonne, qui muse comme elle musarde, à la fois voyage et musique.

Et sans cesse, sans étonnement, on se dit que Ballaké et Baba nous ont invité à une rencontre qu’on attendait, qu’on pressentait, inévitable, incontournable parce que évidente. Comme l’est une musique habile à l’image d’un langage ancien que tous les hommes sentent au plus profond d’eux-mêmes.

Homerecords.be